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7 oct. 2011

16 août 2011

Le jardin potager en Cantabrie

Nous avons passé quelques jours de vacances dans la limite entre les régions de Cantabrie et des Asturies, à l'endroit où les versants des Picos de Europa vont plonger dans la Mer Cantabrique. Sur les marchés et lors des randonnées j'ai pu observer des nombreux jardins potagers et discuter avec quelques jardiniers et maraichers de cette région et montagneuse de l'Espagne verte.

Pendant ces vacances, à chaque fois que je regardais la météo c'était la même image : gros soleil partout en Espagne, sauf là où nous étions. En Cantabrie la pluie n'est jamais bien loin et les jours de chaleur estivale sont rares. Enfin, ça c'est en été car en hiver il parait que c'est pire... Il y a néanmoins des micro-climats sur des pentes bien exposées au sud sur des sols calcaires ou schisteux drénants où poussent vigne, cerisiers, chênes verts et liège et même citronniers (sur la frange littorale) !

Du coup, les jardins potagers d'été manquent des aubergines, melons et autres pastèques de mon pays d'Espagne du sud. Ici c'est le royaume des haricots à rames, la culture la plus visible dans le paysage des potagers familiaux. Point de haricot nain, les gousses proches du sol pourrissent avec la pluie. Grands amateurs de légumes secs, ils produisent surtout des haricots secs à manger en potée pendant l'hiver : des fabes (lingot blanc de la variété "Granja"), des haricots rouges type 'Tolosa' très appréciés, des "alubias pintas" (lingot blanc avec des veines rouges), des petits cocos jaunes (seulement dans les vallées "sèches" car nains), et j'en passe. Cette culture demande un peu de travail pour l'installation des piquets en noisetier qui tiendront les plants distribués en carré à 30 cm d'intervalle. Je crois qu'elle produit néanmoins plus de grains que les haricots nains : 3-4 kilos de grains secs pour 8-10 m².

Deuxième culture plébiscitée par le jardinier cantabrique, le chou non pommé type 'Asa de cantaro' dont on récolte les feuilles entières au fur et à mesure de la croissance de la plante. Cela fait, à la fin de la saison, des choux haut perchés sur leur longue tige, un peu comme des choux de Bruxelles après la récolte des pommes.

Autre culture intéressante, l'oignon rouge 'de Liébana' vendu sur les marchés d'aout à mai, donc de très bonne conservation. Il s'agit d'un gros oignon bien rouge et aplati.  Semé en pépinière en novembre sur la cote, il est repiqué en mars pour lui éviter les grosses pluies de l'hiver, et récolté enfin en juillet/aout. Ils font aussi des gros oignons doux jaunes type 'Babosa' à consommer verts car ils ne se gardent pas.

Deux cultures du soleil ont aussi place dans tous les potagers : les tomates et les poivrons. Cet été particulièrement pluvieux, les tomates (souvent des 'Marmande') peinent à murir début aout, les poivrons n'ont presque aucun fruit. Ces sont des poivrons à chair (à rôtir), ce qui pourrait s'expliquer (malgré la météo peu propice) par la proximité de la vallée de l'Ebro, ou des fins et petits, plus précoces, du type 'Guernika' (variété à frire du Pays Basque espagnol). Tomates et poivrons sont le plus souvent non verts mais bleus de bouillie bordelaise, le jardinier essaie de conjurer ainsi le mildiou qui guète.

Quelques concombres, quelques courges et salades complètent le panorama du potager familial classique. Je n'ai vu que peu de patates (déjà arrachées?), carottes ou navets (apparemment ce n'est pas courant) ... ni d'autre légume que ceux qui font partie du cocido montañés (seul "cocido" sans pois chiches de l'Espagne...) : comme ici dans le Midi de la France, les pépés qui font encore le jardin vont à l'essentiel. Puisque le terrain plat manque, les jardins sont petits, (moins de 200 m²), entourés de murs en pierre sèche (enfin, plutôt mouillée) pour les protéger des vaches omniprésentes (dont la belle 'Tudanca'), et je suppose que les rotations sont pratiquement inexistantes.

Les jardins incluent la plupart du temps quelques arbres fruitiers principalement des pêchers, les pommiers sont plutôt dans des pré-vergers et les vignes de table sont en espalier sur les façades des maisons ou contre des murets (bien bleues elles aussi). Des citronniers sont courants partout dans la zone littorale, avec même des petits champs de citronniers dans les endroits bien exposés. 

Un truc marrant, les vieux jardiniers utilisent encore des "abarcas", sorte de sabots montés sur trois talons en bois (rien à voir avec l'abarca des Baléars). Apparemment c'est nickel pour les terrains boueux , ça fait un bruit sympa sur terrain caillouteux, et finalement ce n'est pas très cher (22 € pour la partie en bois dans une quincaillerie à Panes). Coté bois aussi, on a vu les paniers en lames de châtaigner, omniprésents sur les marchés mais introuvables sur le terrain après tant de recherches (un seul vannier identifié à Barcena Mayor).

Mais attention : le jardin ne se fait qu'en été! L'hiver, il pleut trop pour que les légumes (hors chou)  tiennent dixit un jardinier de Barcena Mayor qui n'aime certainement pas (et je le comprends) se faire tremper le béret.

PS : merci à mes amis, à ma femme, aux enfants qui ont supporté avec stoïcisme mes excursions-ethnobotaniques-à-deux-balles pendant ces vacances, par ailleurs très sympas ;-)

8 juin 2011

Le concombre espagnol ma tuer


Lors de mes vacances en Andalousie, j'ai entendu parler d'une intoxication alimentaire en Allemagne par des concombres bio issus de deux coopératives agricoles situées à Malaga et à Almeria. Noir présage pour les habitants de ces régions arides où la principal activité économique est l'agriculture d'exportation ...

La mauvaise réputation de ces producteurs a fait le reste : presse, autorités, consommateurs, même les horticulteurs des autres pays ont pointé du doigt la mer de plastique d'Almeria, leurs légumes "faussement bio" ... Sauf, qu'en agissant de la sorte, sans le vouloir, ils se sont tirés une balle dans le pied : les autorités sont discrédités, les consommateurs sont paniqués (one more time!), les horticulteurs de tous les pays obligés de vendre à perte.

A qui la faute?

Au consommateur nord-européen qui n'a jamais vu pousser une tomate mais qui les achète en grande surface, pas très chères, en octobre comme en avril, pour accompagner ses trois plats de viande quotidiens avalés devant sa télé ? Aux autorités nationales qui privilégient depuis 70 ans le transport routier au détriment du rail ? Au producteur andalou qui roule dans une voiture neuve, et dont le père, il y a 50 ans, illettré, allait sur un bourricot vendre ses raisins à la ville la plus pauvre de la pauvre Espagne ?Aux autorités européennes qui ont favorisé, partout et pour toutes les productions agricoles, les exploitations intensives, efficaces financièrement mais aux lourdes conséquences sociales, environnementales sur leur territoire et ailleurs? A l'immigré marocain, équatorien ou sénégalais, légal ou pas, qui survit au jour le jour en récoltant les concombres dans les serres surchauffées d'Almeria, de Provence ou d'Hollande?

En tout cas, c'est ce dernier qui sera le premier à morfler. Mais le coupable, c'est un peu tout le monde. Et la solution? Si le consommateur et l'autorité publique ne se remettent pas en cause, je doute que les coopératives d'Almeria et la grande distribution le fassent à sa place. Soyons optimistes, à chaque crise sanitaire, on dirait que le bio et les circuits court avancent.

Après les vacances, lorsque je suis rentré à la maison, en plein boom journalistique du "concombre tueur", je me suis trouvé dans le jardin avec 10 kilos de ces cucurbitacées et autant de courgettes qui avaient poussé pendant mon absence. Je les ai donné à droite et à gauche, répété des blagues sur les concombres, discuté avec les uns et les autres ... ça m'a donné l'idée de faire ce petit billet :-) Assez inutile mais bon ...

6 mai 2011

Les patios andalous de Cordoue sur ARTE

Un reportage est passé sur ARTE sur les patios de ma ville natale :



On y sera dans quelques jours, juste à temps pour la fin du concours du plus beau patio :-)

23 févr. 2011

La culture des légumes à l'ancienne

Sur le site de l'INA, on peut trouver une série de vidéos produits dans l'entre deux guerres par Jean BENOIT LEVY pour le Ministère de l'Agriculture sur le thème du maraichage.

Très bien faits, ces mini-documents restent une source d'information intéressante pour le jardinier bio d'aujourd'hui. Malgré le noir et blanc et le manque de son (films muets), je les trouve au dessus des vidéos du type "comment planter des oignons" que l'on peut voir sur les sites web des jardineries et autres revues de jardinage. On y retrouve un certain nombre de techniques de base pour le jardinier bio tel que le paillage, la réalisation de pépinières ou la production de graines. Mais on assiste aussi à la promotion de l'agriculture chimique moderne.

Sans doute que l'intérêt de ces vidéos vient aussi de son coté document ethnologique. Découvrir les paysages de la France rural (je devrais dire de l'Ile-de-France) avant le remembrement, avec ses arbres fruitiers, ses haies et ses murets est révélateur de ce qui c'est passé depuis sur le paysage agricole. Le travail de ces brigades d'ouvrières et ouvriers que l'on voit dans les différents films ne pouvait être justifié que par la production de denrées de luxe à proximité de grandes villes. Les productions présentées doivent correspondre à la pointe de la qualité, et n'ont probablement grande chose à voir avec les potagers qui alimentaient la plupart de la population en choux, patates et oignons.

Les gestes manuels des ouvriers (voir par exemple la plantation des artichauts) sont également surprenants. Des gestes améliorés pendant des siècles et transmis de génération en génération (car les outils sont restés sensiblement les mêmes depuis le Néolithique jusqu'à la mécanisation agricole). J'ai souvent vu, dans ma jeunesse andalouse, l'importance du geste pour les anciens même sur les aspects les plus banals : on ne prend pas le couteau comme ça, on boit dans la gourde comme ci .... un peu ch... mais on comprend que, dans leur vie si maigre, chaque goute d'eau versée, chaque coup donné, devait aller droit au but!

Autre point "sympathique" dans ces images est l'illustration des usages de la vannerie dans tous les opérations de récolte et de transport. Que des beaux ouvrages! Voilà encore un truc que l'on ne reverra plus (comme les mûrs à vigne!), la vannerie est maintenant trop chère pour être utilitaire sauf quand ça vient de Chine (faite par des hommes-esclaves, à éviter ...).

Voici quelques liens vers ces vidéos :

La culture du melon

retrouver ce média sur www.ina.fr


La culture du cornichon

retrouver ce média sur www.ina.fr


La culture de l'artichaut

retrouver ce média sur www.ina.fr


La culture de la tomate

retrouver ce média sur www.ina.fr